90 minutes pour tout changer, et deux nations entières qui retiennent leur souffle : la finale de la CAN 2019 ne ressemble à aucune autre. Sur la pelouse, l’Algérie et le Sénégal, deux mastodontes du tournoi, s’apprêtent à écrire une page d’histoire. Les Fennecs, galvanisés par une victoire arrachée au bout de la nuit face au Nigéria (2-1), reviennent en finale après presque trente ans d’attente. En face, le Sénégal, tombeur de la Tunisie après une bataille prolongée, rêve d’un sacre qui lui échappe encore. Une affiche taillée pour les grands rendez-vous.
LES FENNECS AU BOUT DE LEURS RÊVES
Sur cette CAN 2019, l’Algérie a avancé sans trébucher. Un groupe soudé autour d’un sélectionneur inspiré, un secteur offensif en pleine réussite mené par Riyad Mahrez, et derrière, une arrière-garde solide : ce cocktail a propulsé les Fennecs tout au sommet, avec douze buts marqués et à peine deux encaissés. Leur duel contre le Nigéria en demi-finale s’est rapidement chargé d’intensité, notamment lorsqu’un Mahrez décisif provoque un but contre son camp, juste avant la mi-temps. Le Nigéria n’a rien lâché et égalise sur penalty grâce à la VAR, à dix minutes de la fin.
La folie du scénario tient jusqu’au bout. Alors qu’on se dirigeait vers un temps additionnel, Mahrez frappe une nouvelle fois, expédiant un coup franc d’anthologie à la 94e minute. Le peuple algérien exulte, la qualification est acquise avant que la fatigue ne vienne roder dans les jambes. Ce détail n’est pas anodin, surtout en vue de la finale.
Mais vigilance obligatoire : la défense algérienne, bien qu’intraitable jusque-là, devra dominer les fulgurances sénégalaises. L’enjeu maintenant, c’est de conjuguer la fougue offensive à la rigueur derrière, car l’adversaire ne laissera aucune marge d’erreur.
LE SÉNÉGAL, PRÊT À TOUT BOULEVERSER
Face à eux, le Sénégal sort d’un match usant face à la Tunisie. Une lutte nerveuse, deux équipes sur la retenue, conscientes qu’un carton de trop peut coûter la finale à un cadre. Aliou Cissé a misé sur la prudence en alignant un 4-2-3-1 bien verrouillé, espérant plier la rencontre sans y laisser trop de plumes.
C’est finalement sur un contre-son-camp tunisien, pendant la première période de la prolongation, que les Lions arrachent leur billet pour cette dernière marche. La victoire n’est pas sans dommages collatéraux : Kalidou Koulibaly écope d’un troisième avertissement et sera suspendu. Déjà une donnée tactique majeure pour Cissé, qui devra rebâtir sa défense face à l’artillerie algérienne.
Pour saisir toutes les tendances qui parcourent cette rencontre, les premiers pronostics de cette finale Sénégal – Algérie évoquent un face-à-face des plus serrés. Le Sénégal, privé de son patron derrière, devra s’appuyer sur sa discipline et sur la fraîcheur de ses leaders offensifs. Les Lionceaux arrivent sans doute avec un supplément de fatigue, résultat du duel féroce face aux Tunisiens, alors que l’Algérie a grappillé un peu plus de repos et d’assurance psychologique.
Mais tout reste ouvert. Ce groupe a la capacité de renverser la vapeur, porté par des joueurs comme Sadio Mané ou Idrissa Gueye, qui peuvent accélérer et faire vaciller n’importe quelle défense en un éclair. Les qualités de projection vers l’avant et la vitesse des attaquants sénégalais représenteront un test de tous les instants pour l’Algérie, même si elle reste sur une dynamique presque irrésistible.
Ce duel, tout en tension et en promesses, place l’Algérie un souffle devant, portée par l’élan d’une campagne presque parfaite. Mais le Sénégal, dans un rendez-vous de cette dimension, n’accroche pas facilement son drapeau en berne. Dans cette nuit du Caire, la moindre initiative pourrait faire tout basculer. Impossible de lever les yeux du terrain avant le coup de sifflet final.

